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Travailler, se loger et rompre l’isolement. Une jeunesse fragilisée et divisée par le premier confinement

Résumé : « L'université s'inquiète pour la "génération Covid" 3 », « Étudiants et jeunes diplômés victimes de la crise du Covid 4 », « Génération covid, la grande déprime des étudiants 5 », ou encore « Les étudiants touchés de plein fouet par la crise du Covid 6 »… : au fil des confinements successifs, la presse nationale s'est largement faite l'écho des difficultés économiques et psychologiques des étudiants. Si ces difficultés ne peuvent être niées ni même euphémisées, cette focalisation sur la jeunesse étudiante a cependant contribué à laisser dans l'ombre d'autres fractions de la jeunesse, en particulier populaires, dont la vulnérabilité à l'aube de cette crise sanitaire et sociale était pourtant grande (Beaud, Mauger et Weber, 2017). Ce biais dans le traitement médiatique et politique des conséquences de cette crise sur la jeunesse n'est pourtant pas une surprise ; il s'inscrit dans le processus historique, initié durant la seconde moitié du XX e siècle et analysé par Jean-Claude Chamboredon (1991), à travers lequel « l'étudiant » s'est peu à peu imposé dans les représentations collectives sur d'autres figures populaires de la jeunesse, notamment celles de l'« apprenti » ou du « jeune travailleur ». Sans être nouvelle, cette focalisation interroge à l'heure des premières analyses des conséquences de la crise de la Covid-19 : le cas des étudiants ne masquerait-il pas une précarité plus diffuse et surtout plus durablement installée, en somme structurelle et non conjoncturelle, accentuée et révélée par la pandémie ? Comment cette fragilisation se décline-t-elle au sein des différentes fractions de la jeunesse ? S'il est communément admis que l'emploi et les revenus constituent des domaines déterminants pour apprécier la position et les difficultés sociales, il est moins évident de les saisir par les conditions de logement et les relations sociales. Toutefois, ces deux dernières dimensions prennent une acuité particulière au printemps 2020, lorsque les sorties hors motifs impérieux sont limitées à une heure et à un rayon d'un kilomètre. Disposer de conditions de logement confortables et d'un espace à soi, avoir accès à un espace extérieur, connaître et pouvoir rencontrer, aider ou solliciter des voisins proches sont autant de ressources sociales qui, si elles peuvent être compensées par une intégration dans d'autres lieux et d'autres sphères en temps ordinaire, deviennent décisives lors du premier confinement. Interroger tout à la fois les scènes professionnelle et résidentielle ainsi que les sociabilités met en lumière leur articulation. Cette contribution entend également discuter des vulnérabilités propres à la jeunesse autant que des inégalités qui la divisent et imposent aux sociologues d'en penser les clivages internes, qu'ils soient de classe (
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https://hal.uca.fr/hal-03594984
Contributor : Élie Guéraut Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Thursday, March 3, 2022 - 9:24:11 AM
Last modification on : Thursday, March 10, 2022 - 3:19:47 AM
Long-term archiving on: : Saturday, June 4, 2022 - 6:14:37 PM

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Cayouette_Rembliere_Gueraut_Tr...
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Joanie Cayouette-Remblière, Élie Guéraut. Travailler, se loger et rompre l’isolement. Une jeunesse fragilisée et divisée par le premier confinement. Jeunesses, Presses de Sciences Po, pp.103-119, 2022, ⟨10.3917/scpo.amsel.2022.01.0103⟩. ⟨hal-03594984⟩

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