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Sensibilité

Résumé : Sensibilité La sensibilité est ici rapportée au mode d'exister vivant, au vivant comme totalité corporelle non autosuffisante dépendant de sa relation au monde. Elle ne désigne donc pas les seuils d'excitabilité ou d'irritabilité de tels tissu ou partie spécialisés du corps organique, pas plus que les conséquences de taux d'exposition de ce corps à des substances ou radiations. Elle ne réfère pas non plus aux acceptions métaphoriques évoquant la sensibilité de certains dispositifs matériels comme réaction à certains stimuli à des intervalles de temps ou d'intensité. La sensibilité a été pensée comme faculté de réception d'impressions ou sensations, sous forme atomiste ou synthétique, par la tradition empiriste. Elle a aussi été envisagée comme faculté intellectuelle d'intégration ou d'organisation des sensations. Ces interprétations échappent aussi à notre caractérisation. Elle a aussi été posée comme faculté d'éprouver des sentiments. Le sens commun assure une psychologisation différentielle prônant que certaines personnes sont sensibles, un peu comme d'autres seraient perfectionnistes. Mais elle est parfois spécifiée, telle personne étant caractérisée par sa sensibilité artistique. La confusion entre affectivité et sensibilité a été dénoncée par Ribot, qui les distingue afin de mieux les relier. « La plupart des traités classiques disent "la sensibilité est la faculté d'éprouver du plaisir et de la douleur". Je dirai en employant leur terminologie : la sensibilité, c'est la faculté de tendre ou de désirer et par suite d'éprouver du plaisir et de la douleur ». La sensibilité serait indissociable de l'appétition comme relation constitutive du vivant à son milieu. D'après la position canguilhemienne, inspirée de Goldstein, l'analyse philosophique de la vie ne peut se faire qu'à partir des normes et de la position de valeur qu'elles instaurent. C'est ce qui distingue la vie de tous les autres phénomènes naturels qui suivent des règles ou des lois sans que n'intervienne un processus d'appréciation reposant sur des préférences. Elle est un processus de différenciation par lequel tout vivant produit ses propres normes. Chaque individualité présente toujours un type d'activité privilégié dans son rapport au milieu. L'organisme est le centre de référence : il s'agit donc d'appréhender les faits subjectivement éprouvés, qui relèvent d'un sens qui n'est pas relation entre…, mais relation à… échappant à toute réduction organique ou mécanique. « Le milieu propre de l'homme c'est le monde de sa perception, c'est-à-dire le champ de son expérience pragmatique où ses actions, orientées et réglées par des valeurs immanentes aux tendances, découpent des objets qualifiés, les situent les uns par rapport aux autres et tous par rapport à lui ». Le milieu du vivant est ainsi l'oeuvre du vivant qui se soustrait ou s'offre sélectivement à un certain milieu. L'école canguilhemienne thématise rarement la sensibilité, mais ses propositions trouvent un écho dans certaines phénoménologies inscrivant la conscience dans la totalité vitale.
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https://hal.uca.fr/hal-01898052
Contributor : Michel Récopé <>
Submitted on : Wednesday, October 17, 2018 - 10:46:42 PM
Last modification on : Saturday, October 27, 2018 - 1:14:51 AM
Long-term archiving on: : Friday, January 18, 2019 - 4:31:43 PM

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Final Récopé 2008 Article Se...
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  • HAL Id : hal-01898052, version 1

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Michel Récopé. Sensibilité. B. Andrieu et G. Boëtsch (Eds). Le Dictionnaire du Corps, CNRS Editions., pp. 300-302, 2008. ⟨hal-01898052⟩

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